Progresser en dériveur : 5 exercices pour y parvenir #1

Progresser en dériveur : 5 exercices pour y parvenir #1

juillet 10, 2018 2 Par Louan

Pour progresser en dériveur et obtenir de vrais résultats, il faut s’entraîner régulièrement : c’est-à-dire au moins 2 fois par semaine, et aussi mixer les exercices. Lors de tes séances tu dois :

  • optimiser la préparation, donc essayer de gréer et te changer le plus vite possible; pourquoi pas venir à ton entraînement déjà changé
  • bien suivre le briefing, débiefring et les conseils de ton entraîneur en général; il n’a pas la science infuse, mais il s’y connaît sûrement plus que toi
  • rester concentré durant toute la séance; on se dit souvent que si on va à la voile, c’est pour s’amuser… c’est bien vrai, mais il existe un juste milieu entre l’amusement et le sérieux, les deux ne sont pas incompatibles.

C’était mes quelques conseils avant de te donner les 5 exercices pour progresser en dériveur. À savoir que certains de ces exercices sont à réaliser avec d’autres bateaux. Si tu es seul lors de tes entraînements, un autre article sera bientôt disponible sur le sujet, suis l’actualité du site sur mon Twitter.

1 – Le départ au lièvre

Lors d’un entraînement, le départ au lièvre peut te permettre à toi et aux autres de voir si tes réglages sont corrects.

Réalisation

progresser en dériveur

Le “lièvre” doit se placer bâbord amures au prés, il se dirige vers une bouée qu’il laisse à bâbord, l’écart entre lui et la bouée désigne la ligne de départ.

progresser en dériveur

Les autres bateaux tribord amures peuvent la passer dès qu’elle est ouverte par le lièvre.

Au bout d’un temps défini par l’entraîneur, l’ensemble de la flotte vire de bord, donc le lièvre et les autres bateaux vont en principe se croiser. Si tu es derrière les autres bateaux, cela veut dire que tu peux améliorer différents réglages :

  • régler ton cap (compare ta quête avec les autres, vérifie ta chute de foc et de grand’voile, règle ta voile, etc)
  • modifier ton placement dans le bateau (plus à l’avant dans le petit temps, plus propulsif dans les vagues, etc…)

Les apports

Après cela, ton bateau sera en principe correctement réglé pour les conditions dans lesquelles tu navigues. Pour que cela te serve sur le long terme, je te conseille de prendre en note tes réglages avec les conditions actuelles. Voici un exemple en 420 :

vent (nœuds) mer (calme, léger clapot, vague) quête (écart entre le haut du mat et l’arrière du bateau à la hauteur de la barre du safran) pied de mât (écart entre l’arrière du bateau au niveau des radios et l’arrière du pied de mât) tension (unité de mesure d’un tensiomètre officiel en KG) cales (au niveau de l’étambrai)
10 calme 6m02 milieu (84cm) 28 non

Je ferais prochainement un dossier pour monter son tableau correctement, suis l’actualité du site sur la page Facebook!

FFVoile apporte quelques précisions sur la pratique du départ au lièvre, mais c’est plus dans le cadre de son utilisation en régate.

2 – Virements synchronisés

Lors de toutes compétitions, tes virements doivent être correctement réalisés pour conserver ta vitesse. Dans le petit temps, cela te permet de te propulser encore plus et d’aller donc plus vite! Il est important de t’appliquer lors de tes virements, si tu es sur un dériveur double, il faut que tu t’organises avec ton équipier pour synchroniser vos déplacements dans la manœuvre. C’est un bon moyen pour progresser en dériveur et plus précisément sur les manœuvres.

Si possible, lie cet exercice avec le départ au lièvre, comme ça, tu verras si tes virements sont aussi efficaces que ceux des autres.

Réalisation

Il te suffit de réaliser les virements à la chaîne. Prend le temps de relancer la vitesse de ton bateau avant de renvoyer pour mesurer l’efficacité de ton virement.

Dans le petit temps : l’assiette de bateau et l’aérodynamisme de tes mouvements sont très importants. Lorsque le vent avoisine les 3-7 nœuds, les virements doivent être réalisés de manière plus souple en restant dynamique. Il y a 4 étapes cruciales pour réussir un virement à bascule :

  1. Fais gîter légèrement le bateau avant de commencer le virement
  2. Entame le virement, lorsque la voile passe, donne un coup de contre-gîte avec ton corps
  3. Passe la barre de l’autre côté jusqu’à ce que la voile soit au milieu du bateau : abattre un peu plus que le cap au pré pour avoir de la relance
  4. Change de côté en aplatissant (plus ou moins) de manière dynamique le bateau : on donne une impulsion au bateau

Petit exemple que j’ai réalisé avec mon équipier, en double :

Je conseille de bien jouer avec ses appuis, se faire le plus léger possible sur les déplacements, sauf lorsqu’il faut aplatir.

Dans le temps médium et le grand temps : Le dynamisme est essentiel, la relance dans les vagues. Il faut toujours que tu te synchronises avec ton équipier ou/et ton gréement. Place toi plus rapidement dans le bateau pour laisser moins de temps à celui-ci de gîter et de peut-être te mener au dessalage.

Les apports

De la maîtrise de tes déplacements à l’efficacité des manœuvres, on ne le dira jamais assez, mais c’est en pratiquant qu’on s’améliore. J’ajouterais même que c’est l’un des exercices primordial que tu devrais faire au moins 15 minutes à chaque entraînement pour progresser en dériveur.

3 – Course de marche arrière

Beaucoup de personnes pourraient dire que c’est inutile, cela veut dire qu’ils n’ont très certainement jamais fait de compétition. La marche arrière est une technique qu’il faut impérativement maîtriser. Par exemple, sur les lignes de départ, pour pouvoir y rester sans passer au dessus à cause du courant. La marche arrière est un atout qui peut être déterminant pour ta manche.

Réalisation

Il existe différents moyens de s’entraîner à faire la marche arrière. Lorsqu’il y a plusieurs bateaux, le mieux est de faire un départ avec une bouée sous le vent, qui se passe normalement en vent arrière.

En solo :

  • relève la dérive comme au vent arrière
  • oriente-toi face au vent
  • assied-toi au niveau de ton mât
  • pousse la bôme comme au vent arrière sans la lâcher

En double :

  • relève aussi la dérive
  • oriente-toi face au vent
  • l’équipier s’assoit face à côté du mât
  • et pousse la bôme comme au vent arrière aussi
  • le foc doit être détendu au maximum
  • le barreur gère la direction assis le plus proche possible de l’équipier pour lever l’arrière du bateau

Pour les deux catégories, n’oublie pas que la barre s’inverse, au lieu de pousser la barre vers la voile pour lofer, c’est pour abattre.

Les apports

C’est simple, comme pour les virements, c’est avec de l’entraînement qu’on s’améliore. Et comme dit plus haut, avec la marche arrière, tu pourras te replacer correctement sous la ligne de départ pour ne pas être disqualifié.

4 – Les départs favorables

C’est un exercice très intéressant pour apprendre à prendre des repères. Pour progresser en dériveur et donc en régate, il faut que tu saches faire de bons départs.

Réalisation

En temps normal, pour mouiller (mettre en place) un départ ton entraîneur positionnerai son bateau et une bouée de telle manière à former une ligne perpendiculaire au vent. Mais dans cet exercice, l’entraîneur va poser son bateau ou la bouée légèrement au dessus de l’axe perpendiculaire pour ainsi favoriser ce côté de la ligne. En faisant ceci, ton entraîneur ne veut pas t’embêter mais veut pousser le groupe de bateau à ce battre d’un côté.

Pour savoir quel côté est favorable tu peux réaliser des départs test. Ces départs peuvent se réaliser seul ou à deux : seul en faisant deux départs des deux côtés et voir le quel des deux te fait longer le plus la ligne ; et à deux en faisant un départ en même temps chacun d’un côté. Si vous vous croisez c’est que la ligne est équilibrée, si un bateau arrive derrière un autre c’est que celui qui est devant viens du côté favorable.

Les apports

Dans l’ensemble des cas, tu apprends à rester en dessous de la ligne, en prenant des repères à terre par exemple. Tu fais également attention aux bateaux qui t’entourent, car il y a pas mal de règles à connaître sur une ligne de départ.

En rendant un côté de la ligne favorable, l’entraîneur te pousse à trouver la meilleure option.

progresser en dériveur

5 – Naviguer les yeux fermés

Ça paraît fou dit comme ça, en solo, il faut faire attention au sensation (si le bateau gîte, contre-gîte, une brise, etc). En double, il faudra te fier à ton équipier qui va te donner toutes les actions à réaliser, lofer, abattre, empanner, virer, etc, même si tu devras quand même te fier à ta sensation.

Réalisation

Rien de plus simple en double, une ligne au vent ou encore une bouée à passer pour les plus expérimentés. En solo c’est un peu plus compliqué, l’entraîneur peut t’avertir lorsque tu te rapproches dangereusement de la bouée pour que te guider un minimum.

Les apports

La sensation! C’est essentiel pour pouvoir naviguer convenablement sans utiliser les penons. Cela peut te permettre également de te rendre compte que tu avances mieux dans certaines conditions, c’est-à-dire plus ou moins gîté, etc. Tu vas progresser en dériveur beaucoup plus vite les yeux fermés que ouverts.

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